# Structurer son projet de rénovation pour garantir qualité et sérénité
La rénovation d’un bâtiment représente un investissement majeur qui nécessite une organisation rigoureuse et une vision globale du projet. Qu’il s’agisse d’améliorer la performance énergétique d’une maison ancienne, de moderniser un appartement ou de restructurer entièrement un espace de vie, chaque chantier comporte son lot de défis techniques et administratifs. Une planification méthodique permet non seulement d’éviter les surcoûts imprévus, mais aussi de garantir un résultat conforme à vos attentes et aux normes en vigueur. La coordination entre les différents intervenants, le respect des réglementations thermiques et la gestion des aspects financiers constituent les piliers d’une rénovation réussie.
Audit technique du bâti et diagnostic préalable aux travaux
Avant d’engager le moindre travail de transformation, un examen approfondi de l’état initial du bâtiment s’impose comme une étape incontournable. Cette phase d’investigation technique révèle les caractéristiques structurelles de votre bien immobilier et identifie les interventions prioritaires. L’audit permet d’établir un diagnostic précis qui servira de fondement à l’ensemble du projet de rénovation.
Diagnostic de performance énergétique (DPE) et bilan thermique
Le diagnostic de performance énergétique constitue le point de départ de toute rénovation énergétique. Ce document obligatoire évalue la consommation d’énergie du logement et son impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Le DPE classe votre habitation sur une échelle allant de A (très performant) à G (énergivore), offrant ainsi une vision claire des améliorations nécessaires. Au-delà de cette simple notation, un bilan thermique approfondi identifie précisément les déperditions énergétiques : toiture responsable de 30% des pertes, murs représentant 25%, fenêtres comptant pour 15%, et planchers bas contribuant à hauteur de 10%. Cette analyse permet de hiérarchiser les interventions selon leur rentabilité énergétique et de dimensionner correctement les systèmes de chauffage après isolation.
Détection des pathologies structurelles : fissures, humidité et infiltrations
L’examen structurel du bâtiment révèle les désordres qui pourraient compromettre la durabilité des travaux envisagés. Les fissures dans les murs porteurs, qu’elles soient superficielles ou traversantes, nécessitent une attention particulière car elles peuvent signaler des mouvements de terrain ou des défauts de fondation. L’humidité constitue l’ennemi invisible de nombreuses habitations anciennes : remontées capillaires dans les murs, condensation excessive due à une ventilation insuffisante, ou infiltrations par la toiture dégradée. Un diagnostic humidité utilisant des appareils de mesure spécifiques détermine le taux d’humidité dans les matériaux et identifie l’origine des problèmes. Ces investigations préalables évitent d’entreprendre des travaux d’embellissement sur des supports dégradés qui compromettraient rapidement les investissements réalisés.
Contrôle de la conformité électrique et plomberie selon normes NF C 15-100
La sécurité des installations électriques et de plomberie représente un enjeu majeur dans tout projet de rénovation. Le diagnostic électrique obligatoire pour les installations de plus de 15 ans vérifie la conformité avec la norme NF C 15-100 qui régit les installations électriques basse tension en France. Ce contrôle examine la présence d’un dispositif différentiel de 30 mA, la mise à la terre,
la protection des circuits contre les surintensités, ainsi que l’absence de matériels vétustes ou inadaptés. Pour la plomberie, le contrôle porte sur l’état des réseaux d’alimentation et d’évacuation, la présence éventuelle de fuites, la conformité des matériaux utilisés et la protection contre les retours d’eau. Une mise à niveau de ces réseaux, souvent invisible une fois les finitions réalisées, est essentielle pour sécuriser le logement et éviter des sinistres coûteux après rénovation.
Repérage amiante et plomb avant démolition selon réglementation DAPP
Dans les bâtiments construits avant 1997 pour l’amiante et avant 1949 pour les peintures au plomb, la réglementation impose des diagnostics spécifiques avant tout travaux de rénovation lourde ou démolition. Le dossier amiante parties privatives (DAPP) recense la présence éventuelle de matériaux contenant de l’amiante (flocages, dalles de sol, conduits, colles, etc.). Le diagnostic plomb, quant à lui, repère les revêtements susceptibles de libérer des poussières toxiques lors des travaux. Ces repérages ne sont pas une simple formalité : ils conditionnent les méthodes de dépose, le confinement du chantier et la protection des occupants comme des artisans.
En présence d’amiante ou de plomb, les opérations doivent être confiées à des entreprises certifiées, capables de mettre en place les procédures de désamiantage ou de déplombage adaptées. Ignorer cette étape revient à prendre des risques sanitaires majeurs et à s’exposer à des sanctions. En vous appuyant sur ces diagnostics réglementaires dès la phase d’audit, vous limitez les imprévus et pouvez chiffrer plus précisément le coût réel de votre projet de rénovation.
Définition du cahier des charges technique et architectural
Une fois l’audit du bâti réalisé, vient le moment de traduire vos objectifs en un cahier des charges structuré. Ce document synthétise les contraintes techniques, les choix architecturaux et les performances attendues en matière de confort et de rénovation énergétique. Il sert de référence à tous les intervenants (maître d’œuvre, architecte, entreprises) et permet d’aligner les décisions tout au long du chantier. Plus ce cahier des charges est précis, plus vous réduisez le risque de malentendus, de surcoûts et de retards.
Planification des corps d’état : gros œuvre, second œuvre et finitions
Structurer un projet de rénovation, c’est d’abord organiser l’intervention des différents corps d’état de manière logique. Le gros œuvre regroupe les opérations touchant à la structure : maçonnerie, fondations, planchers, charpente, ouvertures. On y associe souvent la reprise de toiture et les travaux lourds d’assainissement. Le second œuvre concerne les réseaux (électricité, plomberie, chauffage, ventilation), l’isolation, les cloisons, les menuiseries intérieures, tandis que les finitions comprennent les revêtements (sols, murs, plafonds) et l’aménagement décoratif.
Pourquoi cet ordre est-il si important ? Comme pour construire une maison, on ne pose pas le papier peint avant d’avoir refait l’isolation ou l’installation électrique. Une planification rigoureuse des corps d’état évite les « travaux à l’envers », sources de reprises coûteuses. Un planning bien pensé précise non seulement la chronologie, mais aussi les zones d’intervention, afin que certains corps de métier puissent travailler simultanément sans se gêner, optimisant ainsi la durée globale du chantier.
Choix des matériaux isolants : laine de roche, polyuréthane ou ouate de cellulose
Le choix des matériaux isolants joue un rôle déterminant dans la performance de votre rénovation énergétique. La laine de roche, isolant minéral très répandu, offre une bonne résistance thermique et d’excellentes performances acoustiques, tout en étant incombustible. Elle convient particulièrement aux combles, aux cloisons et aux doublages de murs. Le polyuréthane, souvent sous forme de panneaux ou de mousse projetée, présente un pouvoir isolant très élevé pour une faible épaisseur, ce qui en fait un allié précieux lorsque les contraintes d’espace sont fortes (rénovation intérieure, isolation par l’extérieur limitée).
La ouate de cellulose, issue du recyclage de papier, séduit pour son caractère biosourcé et ses propriétés de déphasage thermique, intéressantes en été pour limiter la surchauffe. Vous hésitez entre ces solutions ? Il est utile de comparer non seulement le coefficient de résistance thermique (R), mais aussi la durabilité, la sensibilité à l’humidité, l’impact environnemental et le confort acoustique. Comme dans une recette de cuisine, le bon résultat ne tient pas à un seul ingrédient, mais à l’équilibre de l’ensemble. Un professionnel pourra vous aider à combiner isolation, étanchéité à l’air et ventilation pour un confort optimal.
Intégration des normes RE2020 et label BBC rénovation
Si la norme RE2020 s’applique principalement aux constructions neuves et aux extensions importantes, elle constitue une référence précieuse pour orienter une rénovation vers la haute performance énergétique. S’en inspirer, c’est viser une consommation réduite, un bâti plus sobre et un meilleur confort d’été comme d’hiver. Dans le cadre d’une rénovation globale, l’objectif peut être d’atteindre le label BBC Rénovation, qui impose un niveau de consommation énergétique conventionnelle inférieur d’environ 40% à celui d’un bâtiment existant standard.
Concrètement, intégrer ces exigences dans votre cahier des charges signifie travailler sur plusieurs leviers : isolation renforcée, réduction des ponts thermiques, menuiseries performantes, ventilation mécanique contrôlée efficace, et systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude adaptés (pompe à chaleur, chaudière à condensation, énergies renouvelables). Cette approche globale permet non seulement de diminuer vos factures, mais aussi de valoriser votre patrimoine immobilier, à une époque où le diagnostic de performance énergétique influence directement la valeur de revente ou de location.
Établissement du planning PERT et diagramme de gantt pour coordination
Pour passer d’un simple calendrier à une véritable stratégie de pilotage du chantier, les outils de planification comme le planning PERT et le diagramme de Gantt sont particulièrement utiles. La méthode PERT permet d’identifier les tâches critiques, leurs dépendances et les marges de manœuvre possibles. Elle met en évidence le « chemin critique » : la succession d’opérations qui conditionne la durée totale du chantier. À partir de cette analyse, le diagramme de Gantt traduit ces informations sous forme de frise temporelle claire, indiquant pour chaque corps d’état ses dates d’intervention.
Ces outils ne sont pas réservés aux grands projets industriels. Même pour la rénovation complète d’une maison ou d’un appartement, ils vous aident à anticiper les chevauchements de tâches, les délais de séchage (chapes, enduits), ou encore les temps d’approvisionnement des matériaux. En partageant ce planning avec les artisans, vous créez un langage commun et réduisez le risque de mauvaise coordination. En cas d’imprévu, il devient plus simple d’ajuster certaines tâches sans désorganiser l’ensemble du projet.
Sélection et contractualisation des artisans qualifiés
Une fois le cahier des charges établi, la réussite de votre projet de rénovation repose en grande partie sur le choix des entreprises qui interviendront sur le chantier. Sélectionner des artisans qualifiés, vérifier leurs assurances et formaliser les engagements contractuels sont des étapes essentielles pour sécuriser votre investissement. Il ne s’agit pas seulement de comparer les prix, mais de s’assurer du sérieux, de la compétence et de la pérennité des professionnels retenus.
Vérification des qualifications RGE et assurances décennale RC pro
Pour les travaux de rénovation énergétique ouvrant droit aux aides publiques, il est indispensable de choisir des entreprises titulaires d’une qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Cette mention concerne notamment l’isolation, le chauffage, la ventilation, les menuiseries extérieures ou encore les énergies renouvelables. Au-delà de l’aspect financier, le label RGE constitue un gage de compétence technique et de respect de procédures de qualité encadrées.
En parallèle, la vérification des assurances est un réflexe à adopter systématiquement. L’entreprise doit fournir une attestation d’assurance décennale couvrant les travaux réalisés, ainsi qu’une assurance responsabilité civile professionnelle. Ces garanties vous protègent en cas de malfaçons affectant la solidité de l’ouvrage, son usage ou causant des dommages à des tiers. N’hésitez pas à demander des références de chantiers similaires et à visiter, si possible, des réalisations récentes pour apprécier la qualité concrète du travail fourni.
Comparaison des devis détaillés et analyse du bordereau de prix unitaires
Un devis de rénovation de qualité doit être détaillé, lisible et aligné sur votre cahier des charges. Il doit préciser les quantités, les matériaux, les marques ou gammes retenues, les prix unitaires et le montant total par lot (isolation, électricité, plomberie, etc.). Le bordereau de prix unitaires est particulièrement utile pour anticiper les ajustements : il indique le coût de chaque poste (mètre carré d’isolant posé, mètre linéaire de gaine électrique, unité de fenêtre, etc.), ce qui facilite l’évaluation d’éventuelles plus-values ou moins-values en cours de chantier.
Comment comparer plusieurs devis de manière objective ? Plutôt que de se focaliser sur le montant global, il est pertinent d’analyser la qualité des prestations proposées : niveau de performance des matériaux, délai d’exécution, conditions de paiement, modalités de garantie. Un devis anormalement bas peut cacher des oublis, des produits d’entrée de gamme ou un manque de temps alloué aux finitions. Comme pour acheter une voiture, le prix ne dit pas tout : il faut regarder ce qui se trouve « sous le capot » pour éviter les mauvaises surprises.
Rédaction du contrat CCMI ou contrat d’entreprise avec clauses suspensives
Selon l’ampleur et la nature de votre projet, plusieurs types de contrats peuvent encadrer la relation avec les professionnels. Pour une construction ou une rénovation lourde avec un interlocuteur unique, le CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle) peut être adapté, à condition de respecter le champ d’application légal. Dans la plupart des rénovations, on opte plutôt pour des contrats d’entreprise distincts avec chaque artisan ou pour un marché global avec une entreprise générale ou un maître d’œuvre.
Dans tous les cas, le contrat doit mentionner le descriptif des travaux, les plans, le prix et ses modalités de révision, le calendrier, les pénalités de retard éventuelles, ainsi que les conditions de résiliation. L’inclusion de clauses suspensives (obtention d’un financement, d’un permis ou d’une aide type MaPrimeRénov’) permet de protéger le maître d’ouvrage. Un contrat bien rédigé est comparable à une ceinture de sécurité : on espère ne jamais en avoir besoin, mais il se révèle précieux en cas de désaccord ou d’aléa important.
Coordination du chantier et suivi technique des interventions
Lorsque les contrats sont signés et les dates d’intervention fixées, le chantier peut débuter. C’est alors que la coordination des corps d’état, le suivi technique et la gestion documentaire prennent tout leur sens. Sans pilotage, même les meilleurs artisans peuvent se retrouver en difficulté, faute d’informations à jour ou de décisions rapides. Structurer le suivi de chantier, c’est s’assurer que le projet avance dans la bonne direction, au bon rythme.
Planning d’intervention des corps d’état successifs et simultanés
Le planning d’intervention, souvent élaboré conjointement par le maître d’œuvre et les entreprises, détaille pour chaque corps d’état ses périodes de travail, les zones d’accès au chantier et les contraintes à respecter (séchage, livraison de matériaux, coactivité). Certaines tâches doivent impérativement se succéder (coulage d’une chape puis pose de revêtements de sol), tandis que d’autres peuvent être réalisées en parallèle, à condition de bien organiser l’espace (peinture d’une zone pendant que l’électricien intervient dans une autre).
Une bonne coordination, c’est un peu comme diriger un orchestre : chaque musicien connaît sa partition, mais c’est la synchronisation qui fait naître l’harmonie. Des réunions de chantier régulières permettent de vérifier l’avancement, de lever les points techniques en suspens et d’ajuster le planning si nécessaire. Ce suivi dynamique évite les temps morts et les interventions désordonnées qui rallongent la durée globale de la rénovation.
Points de contrôle et réceptions intermédiaires par phase de travaux
Pour garantir la qualité d’une rénovation, il est pertinent de prévoir des points de contrôle à la fin de chaque phase importante : gros œuvre, isolation, réseaux, menuiseries, finitions. Ces réceptions intermédiaires permettent de vérifier la conformité des travaux aux plans, aux normes (électriques, thermiques, acoustiques) et au cahier des charges. Elles sont l’occasion d’identifier d’éventuels écarts, de demander des corrections immédiates et de valider officiellement le passage à la phase suivante.
Ce découpage en étapes contrôlées fonctionne comme une série de garde-fous : plutôt que de découvrir en fin de chantier un problème d’isolation mal posée ou un réseau électrique incomplet, vous corrigez au fil de l’eau. Dans certains cas, des contrôles externes peuvent être réalisés par un bureau de contrôle ou un organisme certificateur, notamment si vous visez un label de performance énergétique. Cette démarche renforce la traçabilité et la crédibilité de la rénovation effectuée.
Gestion des imprévus techniques et avenants au contrat initial
Même avec une préparation minutieuse, un projet de rénovation peut réserver des surprises : découverte d’un plancher affaissé derrière un doublage, réseau enterré non répertorié, matériaux en rupture de stock, délais administratifs plus longs que prévu. L’important n’est pas d’espérer un chantier sans aléas, mais d’anticiper un cadre pour les gérer. Toute modification significative de la nature des travaux, des quantités ou des matériaux doit faire l’objet d’un avenant au contrat initial.
Un avenant décrit précisément le changement, son impact sur le délai et sur le coût, ainsi que les nouvelles conditions éventuellement applicables. Il évite les discussions informelles qui, quelques semaines plus tard, deviennent sources de désaccord. Pour garder la maîtrise de votre budget, il est recommandé de conserver une marge de 10 à 15% destinée aux imprévus et de valider par écrit chaque décision impactant le montant global du projet.
Tenue du journal de chantier et traçabilité documentaire
Le journal de chantier constitue un outil précieux pour assurer la traçabilité des décisions et des interventions. Il consigne les dates, les conditions météo lorsqu’elles influent sur les travaux, les remarques des entreprises, les consignes du maître d’œuvre et les éventuels incidents survenus. Associé à l’archivage des plans mis à jour, des comptes rendus de réunion, des fiches techniques matériaux et des procès-verbaux de contrôle, il forme un dossier complet de votre rénovation.
Ce dossier technique, souvent négligé, peut pourtant se révéler déterminant en cas de litige, de revente du bien ou de demande d’aides complémentaires. Il témoigne du sérieux de la démarche, de la conformité aux normes et du respect des engagements contractuels. Aujourd’hui, de nombreux professionnels utilisent des outils numériques collaboratifs pour centraliser ces informations et les partager en temps réel avec les différents acteurs du projet.
Mobilisation des aides financières et optimisation fiscale
Structurer son projet de rénovation, c’est aussi optimiser son financement. En France, de nombreux dispositifs publics et privés soutiennent les travaux d’amélioration énergétique et de performance du logement. Bien les connaître permet de réduire l’investissement net et de rendre envisageables des rénovations plus ambitieuses. Encore faut-il respecter les critères d’éligibilité et suivre une chronologie stricte dans les démarches administratives.
Maprimerénov’ et CEE : conditions d’éligibilité et démarches administratives
MaPrimeRénov’ est aujourd’hui l’une des aides phares pour la rénovation énergétique des logements. Elle s’adresse aux propriétaires occupants, bailleurs et copropriétés, sous conditions de ressources et de performance des travaux. Le montant de la prime varie en fonction du type de travaux (isolation, changement de chauffage, ventilation, audit énergétique, etc.), des gains énergétiques attendus et du profil du ménage. Pour en bénéficier, il est impératif de faire appel à des artisans RGE et de déposer la demande avant le début des travaux.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) complètent ce dispositif. Ils prennent la forme de primes versées par les fournisseurs d’énergie ou les grandes enseignes, en échange de la réalisation de travaux standardisés générant des économies d’énergie. Les CEE peuvent se cumuler avec MaPrimeRénov’, sous certaines conditions. Pour éviter les erreurs, il est recommandé de se faire accompagner par un conseiller spécialisé (France Rénov’, maître d’œuvre, courtier en travaux) qui vous guidera dans le montage des dossiers, la collecte des devis et la constitution des pièces justificatives.
Éco-ptz et prêt conventionné pour financement travaux rénovation énergétique
L’éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans payer d’intérêts. Il peut couvrir jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, remboursables sur une durée pouvant atteindre 20 ans selon les cas. Là encore, la condition principale est de réaliser des travaux éligibles (isolation, changement de chauffage, etc.) avec des entreprises RGE. L’Éco-PTZ est accordé par les banques partenaires, après examen de votre dossier et des devis détaillés.
D’autres financements, comme le prêt conventionné ou certains prêts bonifiés proposés par les collectivités locales, peuvent compléter ce montage. Ils sont particulièrement utiles lorsque le projet de rénovation englobe à la fois des travaux énergétiques et des travaux d’agrément (réaménagement intérieur, finitions haut de gamme). En combinant intelligemment aides directes, prêts à taux préférentiels et apports personnels, vous construisez un plan de financement cohérent, adapté à votre budget et à vos priorités de travaux.
TVA réduite à 5,5% sur travaux d’amélioration énergétique
La fiscalité constitue un autre levier pour alléger le coût d’un projet de rénovation. Pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la TVA réduite à 5,5% s’applique aux matériaux et à la main-d’œuvre, sous réserve que les équipements et travaux respectent les critères définis par la réglementation (isolation, chaudières performantes, équipements utilisant les énergies renouvelables, etc.). Cette réduction peut représenter une économie significative par rapport au taux normal de 20%.
Il existe également un taux intermédiaire de 10% applicable à d’autres travaux de rénovation, d’amélioration ou d’entretien, toujours dans les logements de plus de deux ans. Pour en bénéficier, les travaux doivent être facturés par une entreprise (l’auto-rénovation n’ouvre pas droit à ces taux réduits) et vous devez fournir une attestation confirmant l’ancienneté du bien et la nature de l’usage (résidentiel). Intégrer ces taux de TVA dès la phase de devis vous permet d’affiner votre budget prévisionnel et de prioriser les lots à fort impact énergétique.
Réception des travaux et garanties post-chantier
La dernière étape d’un projet de rénovation ne se limite pas à admirer le résultat fini. La réception des travaux constitue un acte juridique essentiel qui engage les responsabilités de chacun et marque le point de départ des garanties légales. C’est aussi le moment de vérifier que les engagements pris au contrat ont été respectés, tant sur le plan esthétique que sur le plan technique et réglementaire.
Procès-verbal de réception avec ou sans réserves selon norme NF P 03-001
La réception se matérialise par un procès-verbal, souvent inspiré de la norme NF P 03-001, signé par le maître d’ouvrage et l’entreprise. Ce document atteste que vous acceptez les ouvrages réalisés, éventuellement avec des réserves si certains éléments doivent encore être corrigés ou complétés. Il est fortement conseillé de procéder à une visite minutieuse, pièce par pièce, en testant les ouvrants (portes, fenêtres), les équipements (prises, interrupteurs, radiateurs), les robinets, les chasses d’eau, ainsi qu’en examinant les finitions (peintures, joints, alignements).
En cas de réserves, celles-ci doivent être décrites de manière précise dans le procès-verbal, avec si possible un délai de levée fixé d’un commun accord. Ne signez pas le document sous la pression ou sans avoir pris le temps nécessaire pour les vérifications. Vous pouvez vous faire accompagner par un maître d’œuvre, un architecte ou un expert indépendant pour sécuriser cette étape, en particulier dans le cadre d’une rénovation importante ou techniquement complexe.
Activation des garanties parfait achèvement, biennale et décennale
À compter de la date de réception, plusieurs garanties légales protègent le maître d’ouvrage. La garantie de parfait achèvement, d’une durée d’un an, oblige l’entreprise à réparer tous les désordres signalés, qu’ils aient fait l’objet de réserves à la réception ou qu’ils soient apparus dans l’année qui suit. La garantie biennale, ou garantie de bon fonctionnement, court pendant deux ans et concerne les éléments d’équipement dissociables (volets, radiateurs, interphones, etc.). En cas de dysfonctionnement, l’entreprise doit procéder aux réparations ou au remplacement.
La garantie décennale, enfin, couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination (fissures importantes, infiltrations majeures, défaut structurel, etc.). En cas de sinistre, c’est l’assurance décennale de l’entreprise qui prend en charge les réparations. Pour faire valoir ces garanties, il est important de conserver soigneusement les contrats, factures, attestations d’assurance et documents techniques remis à la réception. Ils constituent la mémoire de votre chantier et le socle de vos droits.
Contrôles techniques finaux et obtention des attestations de conformité
Selon la nature des travaux réalisés, des contrôles techniques finaux peuvent être nécessaires. C’est le cas notamment pour les installations gaz, qui doivent faire l’objet d’un certificat de conformité, ou pour certaines installations électriques, pouvant être contrôlées par un organisme agréé. Les systèmes de chauffage, de ventilation ou de traitement de l’eau peuvent également nécessiter des mises en service et réglages par des techniciens habilités.
Par ailleurs, dans le cadre d’une rénovation énergétique ambitieuse, vous pouvez solliciter un nouveau DPE, un audit post-travaux ou une certification (type BBC Rénovation) pour attester des gains obtenus. Ces documents valorisent votre bien, justifient l’obtention d’aides publiques et vous donnent une vision chiffrée des performances atteintes. En clôturant ainsi votre projet par une phase de vérification et de documentation, vous bouclez la boucle : votre rénovation est non seulement esthétique et confortable, mais aussi traçable, conforme et sécurisée sur le long terme.